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Ce n'est pas parce que j'ai posé un lien ou un ou des videos sur un article, que j'approuve tout le site ou tout les dire du site en question ou du predicateur, je vous demande et j'insiste faites Attention.

Un des critères aussi que je trouve important c'est a l'amour qu'ils ont entre eux, qu'on reconnaîtra les vrais des faux !

Actes 17:11 dit:


Ces Juifs avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique, car ils reçurent la parole avec beaucoup d’empressement, et examinaient les Écritures chaque jour pour voir si ce qu’on leur disait était exact.

 

EXAMINEZ TOUTES CHOSES; RETENEZ CE QUI EST BON


"Si vous désirez prendre un article ou un message faites le mais n'oublier pas de marquer la source, et si c'est un de mes poèmes ou méditations, posez également la source de mon site et mon nom."

  
 
 
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sanctification selon Wesley

 
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slge
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MessagePosté le: Jeu 1 Juin - 12:34 (2017)    Sujet du message: sanctification selon Wesley Répondre en citant

Vu l'importance du sujet sur cette doctrine je pose ici l'histoire de la vie de Wesley ainsi que sa doctrine.
 
 
Le sujet que nous nous proposons d’aborder, à savoir la doctrine de la sanctification chez John Wesley, peut sembler quelque peu dépassé. En effet, le temps n’est plus où les chrétiens se disputaient à propos du degré de sanctification qu’il est possible d’atteindre durant cette vie; hélas! Aujourd’hui s’est établi le règne de l’antinomisme triomphant, et les chrétiens fréquentent de plus en plus la voie large qui mène à la perdition, voie actuellement partagée en deux courants: le spiritualiste, tout d’abord, qui distingue entre puissance du Saint-Esprit (ou supposé tel) et sanctification, l’activiste, ensuite, qui ne fait aucune différence entre engagement social et vision chrétienne du monde.
 
Nous ne sommes pas sans connaître cette vérité fondamentale: sans la sanctification, nul ne verra le Seigneur (Hé 12:14). Par sanctification, nous entendons cette œuvre résultant de la force de la mort et de la résurrection de Christ, de sa Parole et de son Esprit agissant en nousa, autrement dit la manifestation de l’élection, qui se traduit par des bonnes œuvres qu’excite et produit nécessairement la foib. Si Wesley a pu formuler des propositions qui s’écartent de la formulation conventionnelle de la foi réformée orthodoxe, nous ne pouvons en aucun cas lui reprocher d’avoir ardemment désiré cette sanctification sans laquelle, répétons-le, nul ne verra le Seigneur.
 
De notre point de vue, la science sacrée, et tout spécialement la théologie dogmatique, ne devrait pas accorder une trop grande place aux vaines cavillations et autres élucubrations des pseudo-“penseurs religieux” hérétiques que les Saintes Ecritures nomment faux docteurs et faux prophètes, sortis de l’enfer et destinés à la perdition éternelle. Les hérétiques n’ont pas droit à la parole, encore que la Providence utilise leur duplicité pour faire éclater la beauté de la Vérité. Or, dans le cas de Wesley, nous ne pouvons pas dire qu’il s’agit là d’une hérésie intrinsèque – entendez par là d’une manœuvre pernicieuse et diabolique pour miner la foi orthodoxe. Voilà pourquoi il nous paraît important d’essayer de comprendre la pensée de notre homme, d’autant que dans toutes les discussions relatives à la sanctification du croyant, le nom de John Wesley ne tarde pas à apparaître. Il se trouve que le nom de John Wesley provoque encore aujourd’hui, un peu partout, une certaine réaction, soulevant l’enthousiasme chez les uns, le sarcasme chez d’autres, la désapprobation prudente chez d’autres encore, même si sa doctrine est bien mal connue, déformée qu’elle fut tout au long des XIXe et XXe siècles.
 
 
Wesley fut sans doute l’une des figures les plus marquantes du protestantisme. Eminent par son éloquence et sa piété, voire son martyre, il est à l’origine du méthodisme, et bien des wesleyanismes se réclament de ce grand nom; plus largement, c’est grâce à lui que le mouvement “évangélique” moderne a pris son essor.
 
 
Le XVIIIe siècle anglais est une période fascinante autant que répulsive; la perfection y côtoie l’impiété sordide, le Réveil les “Lumières”. Au cours de cette période mouvementée que Wesley a connue pratiquement d’un bout à l’autre, au cours de sa longue vie (1703-1791), vont réapparaître des doctrines que l’on croyait enfouies dans un passé plus ou moins lointain, en particulier celles du libre arbitre et de la perfection chrétienne.
 
 
C’est cette dernière qui nous intéressera plus particulièrement. Qu’est-ce que Wesley entendait par entière sanctification, perfection chrétienne? Wesley fut-il le perfectionniste que les calvinistes se plaisent à dénigrer? Quelles sont les origines de cette doctrine exaltante, qui prône la consécration totale au Seigneur, au point d’en arriver à ne plus pécher?
 
 
Quelles sont ses origines et ses implications? Pour répondre à ces questions, nous jetterons un coup d’œil sur le contexte historique et théologique dans lequel le méthodisme fut amené à se développer, avant d’examiner plus en profondeur la spécificité de la doctrine de la sanctification selon Wesley. Enfin, nous en ferons une évaluation critique, du point de vue calviniste, afin de mieux saisir les enjeux d’une doctrine qui, d’une manière ou d’une autre, est au centre même de la vie du régénéré.
 
 
I. Considérations historiques
 
 
A) Etat général de l’Angleterre au début du ministère de Wesley
 
Il est nécessaire, avant tout, de posséder un bref aperçu de la situation de l’Angleterre, avant que le réveil méthodiste, dont John Wesley fut l’un des principaux acteurs, provoque un véritable bouleversement religieux, moral et social au cœur de ce XVIIIe siècle, profondément marqué par le péché et la mondanité.
 
Par le péché, tout d’abord, car l’Angleterre passait alors par une crise morale extrêmement grave. Tous les historiens s’accordent pour décrire le XVIIIe siècle comme celui de la décadence et de la pourriture. La moralité publique était parvenue à un niveau si bas que c’est un miracle si la race anglo-saxonne a pu survivre à sa propre déchéance, principalement en raison de son énorme consommation d’alcool. “Le gin, inventé en 1684, faisait d’immenses dégâts. Une maison sur six, à Londres, servait de cabaret en 1736.” L’immoralité des grands, comme celle du peuple, était sans bornes, en dépit de toutes les tentatives de rétablissement des bonnes mœurs.
 
A cause de l’essor de la révolution industrielle, des populations entières d’ouvriers, principalement de mineurs, en étaient réduites à un labeur ingrat, pénible et dangereux, qui ne leur laissait d’autres loisirs que la débauche et la violence. A Kingswood, par exemple, les mineurs “croupissaient dans l’ignorance la plus abjecte. Leur brutalité était proverbiale”, au point qu’on les considérait comme des bêtes brutes, sans civilisation ni aucun sens moral; ce qu’ils étaient. C’est à ces rebuts du genre humain que s’adressera la puissante prédication de l’Evangile par l’entremise de G. Whitefield, puis de Wesley, à eux qui manifestaient matériellement l’extrême corruption de la nation tout entière.
 
Par la mondanité, ensuite, car tout cela n’était rien, en comparaison avec l’abîme spirituel dans lequel gisait le christianisme réformé. La vigueur de la Réformation s’était depuis longtemps refroidie, tant sur le continent qu’en Angleterre3. La prédication, dans son ensemble, s’était si bien détachée de la doctrine biblique qu’elle ne faisait plus mention du salut par la foi, tandis que partout la frivolité et la mondanité régnaient parmi les ministres de l’Eglise d’Angleterre. Non que tous se fussent totalement écartés de l’Evangile, mais la majorité opposait un froid ritualisme, sinon une activité rien moins que pastorale, à sa franche prédication. L’époque glorieuse du puritanisme et de la “révolution des saints” était révolue; le puritanisme était officiellement mort en Angleterre, et l’Eglise attendait désespérément une “réforme dans la Réforme”. Les Eglises indépendantes, quant à elles, se retranchaient trop souvent derrière une théologie attentiste et résignée, ou bien s’épuisaient dans d’“interminables querelles intérieures”, sans entreprendre aucune initiative d’évangélisation ou de réforme.
 
Le scepticisme, surtout, faisait des ravages, accompagné d’une légèreté intolérable, de la part des priests anglicans (pasteurs), et surtout d’un profond mépris des classes élevées, lesquelles, “corrompues jusqu’au cynisme”, ne considéraient plus le christianisme que comme une fable destinée à contenter les masses incultes. L’ère des “Lumières” naissante venait confirmer dans leur incroyance la plupart des ecclésiastiques. Au point que Montesquieu, incroyant notoire, pouvait dire: “Je passe, en France, pour avoir trop peu de religion, en Angleterre trop.”
 
Voltaire prédisait l’échec inévitable auquel était certainement vouée toute tentative de rénovation de la religion dans ce pays. (C’est dire à quel point la situation était semblable à celle que nous vivons actuellement.) “L’état moral (et religieux) que nous venons de décrire ne justifie que trop l’assertion d’Isaac Taylor que l’Angleterre était tombée, lorsque Wesley parut, dans un véritable paganisme.”
 
B) Origines et formation de Wesley
 
John Wesley naquit en1703, dans la famille d’un ministre de l’Eglise d’Angleterre, alors recteur d’Epworth. Il est important de connaître les origines ecclésiastiques de Wesley, car le développement ultérieur de sa pensée en est grandement tributaire. Ses parents provenaient tous deux du milieu puritain le plus strict. Son grand-père maternel, le Dr Annesley, était “l’un des théologiens les plus distingués du puritanisme et l’un des démissionnaires de 1662”. Son aïeul paternel, prédicateur laïque avant l’heure, fut aussi une victime de la “réaction religieuse qui suivit l’avènement de Charles II”.
 
Or, fait étrange, tant son père que sa mère renoncèrent très tôt aux convictions de leur milieu, pour se rallier volontairement à l’Eglise anglicane. Samuel Wesley, son père, était une grande âme, qui demeura sa vie durant fidèle à son choix. Très sérieux dans l’exercice de sa charge pastorale, épris d’ordre et de discipline, il en vint à se faire haïr par plusieurs de ses paroissiens qui n’appréciaient guère cette qualité. Sa mère, Suzanne Wesley, célèbre pour la méthode d’éducation qu’elle employa, éleva dix-neuf enfants (dont treize atteignirent l’âge adulte) dans une stricte discipline, qui visait à leur inculquer dès leur jeune âge les principes de la religion et de la piété. C’est donc dans une atmosphère éminemment pieuse et chrétienne que grandit le jeune Wesley.
 
Cependant – le fait est capital – il ne semble pas que son père et sa mère aient possédé cette véritable foi vivante, cette relation personnelle avec le Sauveur, qui caractérise la foi évangélique. Dans la biographie de Suzanne, A. Dallimore montre que ce n’est que vers la fin de sa vie que ses fils eurent la conviction de son salut. De même, pour Samuel, ce n’est que sur son lit de mort qu’il prononça les paroles révélatrices de l’illumination salutaire: “Le témoignage intérieur! mon fils, c’est là la preuve, la plus forte preuve du christianisme.”
 
Nous voyons que, durant la première partie de sa vie, Wesley fut confronté à un christianisme qui lui recommandait la pureté de cœur, sans parvenir à lui montrer l’essence de la vie chrétienne: la nécessité d’une adhésion personnelle par la foi à Christ13. C’est probablement ce qui est à l’origine d’une partie de sa pensée théologique, notamment de sa conception des différentes phases par lesquelles le croyant évolue, depuis l’état d’enfance jusqu’à celui d’adulte dans la foi.
 
Son père, partisan de la High Church, fortement teintée d’arminianisme, “de concert avec nombre de théologiens anglicans, s’opposait fortement au calvinisme”. Wesley ressentit très tôt et (hélas) tout au long de sa vie une vive aversion envers ce qu’il appelait “l’horrible décret”.
 
A Oxford, où il étudiait la théologie, Wesley, sur les instances de son jeune frère Charles, rejoignit un petit cercle d’étudiants pieux, dont il devait bientôt prendre la tête. Sérieux, religieux, assidus dans les bonnes œuvres, disciplinés dans l’étude, ils devinrent bientôt la risée de leurs camarades, tant “les jeunes gens sérieux étaient rares” dans la célèbre faculté de théologie, et ils se virent affubler du nom de méthodistes. Ces jeunes gens, qui formaient le Holy Club (“Club des saints”), “recherchaient assidûment l’idéal chrétien”. Mais, sans orientation ni encouragements, et dans leur désir de retrouver la pureté de vie des premiers chrétiens, ils penchaient vers un semi-romanisme ascétique, qui eût fini par les éloigner définitivement de la vérité évangélique. 
 
A cette époque, le jeune Wesley, dont le caractère entier et sans partage devait être pour lui la source de bien des tracas, était un high churchman convaincu, un ritualiste enragé, mais paradoxalement assoiffé de simplicité, vivement attaché à un formalisme sévère, mais soupirant après la fraîcheur de l’Esprit. Il se nourrissait des écrits mystiques de W. Law, J. Taylor, Mme Guyon, Tauler, Molinos, etc. Il s’exerçait aux mortifications, macérations et autres jeûnes en vigueur aux premiers siècles; le sacramentalisme le guettait aussi. Toutefois, son caractère éminemment pratique l’empêchait d’aller au-delà du semi-mysticisme19. Il avouera plus tard qu’il avait failli “faire naufrage quant à la foi” sur cet “écueil”. Il s’embarqua ensuite pour l’Amérique, dans le but d’aller évangéliser les Indiens, espérant par là sauver son âme, et découvrir le sens du salut en le prêchant, sur le conseil du morave P. Böhler.
 
Ce ne fut qu’au contact des moraves qu’il commença à comprendre; et lorsqu’il entendit faire la lecture de Luther commentant l’épître aux Galates, il se convertit pour de bon (Aldersgate Street, 1738). La compréhension du salut par la foi, qu’il devait dorénavant prêcher sans relâche, amena de sa part un profond et sincère rejet du mysticisme, qui avait failli le perdre. Il devait le condamner en des termes très sévères.
 
Cependant, c’est dans ses origines et dans son expérience de la vie chrétienne avant la régénération que l’on peut trouver des clefs majeures d’interprétation de toute la théologie de Wesley, théologie à la fois hétérodoxe à certains égards, mais paradoxalement stimulante, régénératrice et enthousiasmante; grâce à elle, l’esprit du puritanisme fut ressuscité, du moins en Angleterre, et durant sa vie.




I. La doctrine de la sanctification selon J. Wesley
 
A) La sanctification
 
Au cœur de la théologie de Wesley, la sanctification occupe une place privilégiée. Les dispositions individuelles de Wesley, ainsi que l’extrême corruption dans laquelle se trouvait alors l’Eglise expliquent ce fait. De toute façon, on ne peut envisager la vie chrétienne sans la sanctification. Cette préoccupation est donc tout à fait légitime; encore faut-il en posséder une juste vision. Le méthodisme primitif, celui qui reflétait la pensée de Wesley, fut un mouvement de réveil, de renouveau spirituel des croyants, qui a donné une nouvelle impulsion à cette doctrine essentielle, si bien que la conception actuelle de la sanctification (du moins dans les milieux “évangéliques”) lui est redevable de beaucoup. 
 
La prédication de la sanctification, et de la sanctification telle que Wesley la concevait, est, selon ses propres paroles, le “grand dépôt” confié par Dieu aux méthodistes. Wesley eut très tôt des vues claires sur cette sanctification, avant même d’être au point quant à la justification. Jugeant, d’une part, que les réformateurs, attachés à réhabiliter la justification par la foi, avaient quelque peu négligé la doctrine de la sanctification et, de l’autre, que des auteurs catholiques romains (François de Sales, J. de Castaniza) s’étaient trouvés dans le cas inverse, il se sentit investi de la tâche de réhabiliter cette doctrine, d’après les enseignements de la Parole même. Ainsi, c’est un lieu commun pour les wesleyens que de parler de “sainteté scripturaire” (scriptural holiness). Cette doctrine est complexe (Wesley le reconnaît lui-même); nous tenterons d’en donner une esquisse. Il est indéniable que l’influence des mystiques est à discerner en toile de fond. Mais, pour Wesley, c’est la Parole qui fait autorité; aussi jamais ne fait-il appel à eux.
 
Chez Wesley, comme pour le protestantisme orthodoxe, justification et sanctification vont de pair. Cependant, “la justification est synonyme de pardon”; Wesley l’associe à la rémission des péchés. Il n’admet pas que la justice de Christ soit imputée au pécheur, car, selon lui, cette assertion n’est pas biblique. Ou, plus exactement, il y a bien imputation, mais c’est “l’imputation de la foi à justice”. M. Lelièvre souligne que cette doctrine risque de pousser le chrétien à négliger sa sanctification personnelle et sa pratique de la justice.Le danger de l’antinomisme était toujours si présent à l’esprit de Wesley que ce dernier orienta sa théologie de manière à le contrer et à le réduire à néant, en insistant toujours sur l’entière responsabilité du chrétien. Ce souci pastoral, légitime en soi, poussé à l’extrême risque de provoquer l’effet inverse, et d’entraîner un retour à la religion des œuvres salvatrices. Et de fait, accusé sans relâche par ses détracteurs calvinistes, excédé par l’incessant reproche de pélagianisme et de romanisme, Wesley en viendra à adopter résolument cette terminologie, et à affirmer par provocation… le salut par les œuvres!
 
La sanctification suit immédiatement la justification. “La sanctification commence au moment même où nous sommes justifiés.” Wesley met en garde le nouveau converti contre la tentation de se croire dès lors sans péché, sous prétexte qu’il ne “sent” plus le péché en lui. L’esprit subit encore les assauts de la chair et du péché, qui n’était qu’“engourdi”. Il lui faut “apprendre à faire mourir par l’Esprit les œuvres du corps, les œuvres de notre nature mauvaise. La vieille nature est encore présente après la régénération. Ce temps de “première” sanctification progressive (le mot est de nous) prépare le croyant à une bénédiction plus grande. C’est en commençant de cette façon que le croyant attend l’entière sanctification. Il ne demeure pas inactif; au contraire, il “tend vers la perfection”, dans une lutte incessante contre son vieil homme. 
 
Nous aurions tort de croire que Wesley n’envisage pas la conversion et la sanctification comme progressives. Rien n’est définitivement acquis, même le salut. Tout est en mouvement, en constante progression, à partir d’un départ instantané, dont l’origine est un acte de foi. Wesley n’envisage jamais la vie chrétienne autrement que dynamique: “la conversion est instantanée et graduelle”; même chose pour la sanctification et l’entière sanctification.
 
Cela dit, l’aspect que nous venons de voir de la sanctification n’est pas celui que Wesley a le plus développé. Ce qui fait la spécificité du méthodisme original, c’est assurément sa doctrine de l’entière sanctification.
 
B) La perfection chrétienne
 
Contrairement à ce que nous pourrions nous imaginer, et en dépit des diverses simplifications – voire déformations – qu’a subies la doctrine wesleyenne de la perfection chrétienne, cette dernière est assez subtile et complexe. Généralement, on a coutume de dire qu’elle se résume à l’attente d’une “seconde bénédiction” ou “deuxième œuvre de grâce”. Or, rien n’est moins vérifié. En effet, Wesley a su élaborer une doctrine qui, sans réaliser des prodiges de nuance, prenne néanmoins en compte la terminologie biblique. L’entière sanctification est bien une bénédiction supérieure, mais elle est en même temps le propre du croyant.
 
En guise d’introduction à la pensée de Wesley sur ce point, examinons dans le détail son sermon intitulé Christian Perfection. Les sermons de Wesley sur ce sujet contiennent toujours un élément apologétique, dans laquelle il s’efforce (avec un apparent succès) de reprendre chacune des objections qu’on lui oppose, pour les réfuter, à l’aide de son puissant raisonnement, de sa capacité déductive, ainsi que par un usage approprié des textes bibliques. Son souci majeur est de rendre une pleine justice à la haute vocation à la sainteté qu’adresse l’Ecriture au croyant.
 
Dans notre texte, il commence par exposer négativement sa définition de la perfection chrétienne. Il y a quatre domaines dans lesquels le chrétien ne connaît pas une réhabilitation totale. Le premier, c’est celui de la connaissance. Les croyants “ne sont pas parfaits, dans cette vie, au point d’être exempts d’ignorance”. La perfection chrétienne ne fait pas du régénéré un surhomme, encore moins un ange: “… innombrables sont les choses qu’ils ne connaissent pas.” Cela va de pair avec le fait qu’ils ne sont pas exempts d’erreurs. Ils peuvent, certes, se tromper, encore que ce soit dans les choses qui ne sont pas essentielles au salut, ou à la pratique (la vie sainte). Ayant toujours une connaissance limitée et imparfaite, il pourra arriver qu’ils se méprennent totalement sur le caractère ou sur les motivations d’un individu, croire un hypocrite sincère, etc. La perfection n’accorde aucun des attributs proprement divins. Cela semble aller de soi, mais Wesley avait à faire face, au sein même de ses societies (assemblées) à quelques illuminés, enthusiasts, qui confondaient entière sanctification et infaillibilité, ce qui est intolérable, et qui risque de mener rapidement à l’antinomianisme.
 
Ensuite, la régénération n’est pas telle que le corps soit déjà glorifié; les infirmités qui lui sont inhérentes, à cause de la chute, n’ont pas disparu. Et Wesley d’énumérer tous les désagréments et les tares qui ont trait au corps, en y incluant les défauts d’intelligence, de mémoire, etc. Enfin, les chrétiens ne sont pas exempts de tentations. Comme Christ a été tenté, de même le croyant le sera aussi, car le disciple n’est pas plus que son maître (Mt 10:24). Mais la tentation n’implique pas nécessairement la chute.
 
Puis, Wesley donne une définition positive de cette perfection chrétienne. Wesley a grand soin de préciser qu’il ne faut pas attendre sur cette terre de perfection absolue, ni aucune perfection de degrés, qui sous-entendrait la cessation de la croissance, comme nous l’avons déjà évoqué. Il s’agit, pour le chrétien, de croître en grâce, et cela s’étend sur toute la durée de sa vie. En un mot, il s’agit pour le chrétien d’être comme Christ: “Celui qui est né de Dieu ne pèche pas.” (1 Jn 3:9) C’est ce qu’il appelle “le grand privilège des croyants”.
 
Voici ce qui caractérise la perfection chrétienne. D’abord, le chrétien est exempt de pensées mauvaises ou coupables, car, souligne Wesley, les mauvaises pensées procèdent du cœur (Mt 7:21); or, celui du croyant a été purifié, donc il n’a plus de mauvaises pensées, car “un bon arbre ne saurait produire de mauvais fruits” (Mt 7:17, 18). Son cœur est rendu semblable à celui de Christ; il est ainsi délivré de toute mauvaise disposition: il faut entendre par là que le commandement d’aimer ses ennemis et de ne pas leur résister est obéi (Lc 6:27-29). Le croyant est crucifié avec Christ, ce n’est plus lui qui vit, mais Christ qui vit en lui (Ga 2:20). Pour Wesley, ce verset “décrit manifestement une délivrance du péché tant extérieur qu’intérieur”. Le cœur est purifié par la foi, selon ce que dit l’Ecriture (1 Jn 3:3; Ac 15:9). Il est purifié de l’orgueil, de la volonté propre, de la colère, etc.
 
Wesley affirme que la délivrance du péché, extérieur et intérieur, est assurée de s’effectuer dès ici bas, sur les promesses de passages tels que 1 Jean 4:17: “Tel il est, tel nous sommes aussi dans ce monde.”
 
Afin de contrer l’argument selon lequel il s’agirait là d’une réalité purement forensique, Wesley montre que l’apôtre distingue clairement entre le pardon des péchés, d’une part, et la purification du péché, de l’autre. C’est toute la différence entre la justification et la sanctification. “Il demeure certain que les vrais chrétiens sont délivrés dans ce monde de tout péché, de toute iniquité; qu’ils sont dès maintenant parfaits, en ce sens qu’ils ne commettent pas le péché, et sont exempts à la fois de mauvaises pensées et de mauvaises dispositions.”
 
Que conclure de cette série de définitions?
 
Premièrement, nous avons vu que Wesley n’enseigne en aucun cas la possibilité d’une perfection absolue; la perfection chrétienne est en perpétuelle croissance. Wesley argumente ensuite pour amener son auditeur à raisonner théologiquement et logiquement, et non plus mimétiquement, c’est-à-dire à ne plus fonder son opinion sur la sanctification en fonction des exemples qui lui sont proposés (même bibliques), mais de Christ seul.
 
Il en vient ainsi à affirmer qu’“un chrétien est parfait au point de ne pas pécher”. Même un “bébé dans la foi” est déjà, à son niveau, parfait.
 
Il apparaît donc que la régénération, selon Wesley, est purement éthique, morale, et non pas ontologique (l’essence humaine n’est pas modifiée). Elle est tout intérieure, mais ne concerne pas l’être extérieur (le corps et ses infirmités). D’autre part, nous sommes confrontés à cette extraordinaire assertion de sa part: “Vraiment, (perfection) n’est qu’un autre mot pour sainteté.” Quelle est donc la pensée de Wesley? Tout ce sermon sur la perfection chrétienne tend à montrer que l’état normal du chrétien, c’est de vivre sans péché. La régénération est prise dans son sens le plus absolu, celui d’“éradication du péché”, qui s’opère par la foi. Où donc intervient la notion de “seconde œuvre de grâce”? Ici, Wesley tend à confondre, ou unir, régénération et entière sanctification. Ce n’est qu’à l’extrême fin du sermon qu’il presse ses auditeurs de “crier à Dieu jour et nuit, jusqu’à ce qu(’ils soient) délivrés de l’esclavage de la corruption, en vue de la liberté glorieuse des enfants de Dieu”.
 
Contrairement à la prédication des Holiness Movements (“mouvements de sainteté”), qui prône la recherche d’une “vie plus haute” (higher life), Wesley encourage ses auditeurs à saisir pleinement par la foi les promesses de Dieu, concernant la délivrance de leurs péchés, et à vivre comme Christ a vécu, en d’autres termes, à réaliser pleinement leur vocation à la sainteté. C’est, à quelques nuances près, le message central de son grand traité biographico-théologico-apologétique A Plain Account of Christian Perfection.
 
III. Examen des vues de Wesley sur la perfection chrétienne
 
A) Prédestination et sanctification
 
Il est indéniable qu’avec G. Whitefield et J. Edwards, J. Wesley fut l’un des plus grands prédicateurs de l’histoire de l’Eglise. Sa prédication est simple, dépouillée, puissante, précise et percutante. Pourtant, il faut reconnaître que son sermon intitulé Free Grace, qui traite en vérité du libre arbitre, est l’un des plus mauvais. Il y fait preuve de mauvaise foi, et d’une ignorance quasi totale de la teneur de la doctrine de l’élection, dont il dresse une caricature effrayante, avec une véhémence et une fureur qui reflète le ton de toute la polémique interne qui devait déchirer en deux le méthodisme55.
 
Tout au long de sa carrière, Wesley ne cessera d’opposer la doctrine de la sanctification à celle de l’élection. Dès sa jeunesse, nous l’avons dit, il avait résolument rejeté cette dernière, “avec la rigueur théologique qui le caractérisait déjà, et sa conviction ne varia jamais sur ce point”.
 
Pour lui, la doctrine de l’élection “rend inutile la prédication de l’Evangile; elle tend à détruire tout effort vers la sainteté et tout zèle religieux; elle rend inutile la révélation, en même temps qu’elle la fait se contredire elle-même; elle porte atteinte au caractère de Dieu, en faisant de lui un être partial et injuste”. Ces remarques révèlent un refus absolu de dépasser le stade de l’a priori absolu de la bonté de Dieu, et du sentimentalisme “chrétien”.
 
Nous l’avons vu, Wesley était un homme de la pratique, et il s’opposa à tout ce qui aurait pu laisser penser aux chrétiens qu’ils pourraient relâcher leurs efforts vers la perfection. De plus, il est certain que l’exemple que lui offraient certains calvinistes froids et hautains ne devait pas l’encourager à jeter sur leur doctrine un regard favorable. 
 
Cependant, Wesley n’est pas pélagien à proprement parler; son arminianisme est “évangélique”, en ce qu’il dénie à l’homme tout pouvoir de se tourner par sa seule volonté vers Dieu à salut, sans l’aide de la grâce prévenante, qui produit en lui le “bon vouloir”. Toutefois, nous avons à nous poser une question fondamentale: comment se fait-il que la doctrine de la perfection chrétienne accompagne toujours une conception élevée du libre arbitre? Nous retrouvons cette association chez Pélage, Arminius, Wesley, Finney, Ritschl, etc. Il y a certainement un lien de cause à effet. Le libre arbitre, même affaibli, demeure toujours, et en dépit de toute dénégation, l’agent principal de la sanctification, voire du salut: il me faut pouvoir; or, ma volonté est régénérée; donc, vouloir, c’est pouvoir. Le raisonnement n’est pas intrinsèquement faux, mais c’est ce qui le sous-tend qui pose problème, à savoir l’accent mis sur la nécessité logique de la responsabilité de l’homme. La prédestination au salut est donc perçue comme une menace pour cette responsabilité, et au-delà, pour la liberté de l’homme. Elle est donc violemment rejetée comme nocive et perverse.
 
Or, d’un point de vue calviniste, la place de la sanctification dans l’ordo salutis (l’économie du salut) n’est pas la même. L’arminianisme fait du salut de l’homme la fin principale du plan rédemptionnel de Dieu: il met tout en œuvre pour que l’être humain soit sauvé et retrouve le bonheur de la communion avec son Seigneur. Le calvinisme, quant à lui, envisage le salut comme un moyen par lequel Dieu est glorifié. Le salut n’est envisagé que dans le cadre de l’Alliance, dont Dieu est le garant des dispositions et de l’accomplissement. La place du salut est, pour ainsi dire, secondaire; ce qui compte, c’est la réalisation du dessein éternel de Dieu; le bonheur de l’homme ne vient qu’au deuxième plan.
 
La grâce, considérée comme le moyen efficace du salut, rabaisse la doctrine du libre arbitre, annihilant toute possibilité d’orgueil (Ep 2:9); mais elle ne porte aucun préjudice à la nécessité de la sanctification. Nul plus que Calvin lui-même n’a affirmé la nécessité de la sanctification pratique: “Quel besoin était-il, écrit-il, que nous fussions délivrés de l’ordure et pollution dans laquelle nous étions plongés, si nous voulons toute notre vie nous vautrer en elle?” W. Shedd montre que la doctrine de la double élection, loin de “détruire tout effort vers la sainteté”, en fait plutôt une nécessité pour tout élu. Il parle même d’élection à la sainteté, ce qui est exactement le langage biblique (Rm 8:29). Nous reverrons ce point à la fin de notre exposé.
 
Il n’y a pas de doctrine de la sanctification sans une ferme affirmation de celle de l’élection divine. La prédestination fonde donc la sanctification. 
 
Passons à présent à un bref examen des problèmes théologiques que pose la perfection chrétienne.
 
B) Les problèmes théologiques de la perfection chrétienne
 
Nous pouvons trouver trois failles majeures dans le système wesleyen.
 
1. La question du péché
 
Tout d’abord, se pose la question du péché. On a reproché à Wesley de minimiser le péché; mais dans la pratique, il a toujours montré une sainte intolérance pour celui-ci. Cependant, il n’en reste pas moins vrai que la doctrine wesleyenne du péché est ambiguë. L’homme, pense Wesley, est entièrement corrompu par le péché originel, soit; pourtant, le sacrifice de Christ remédie à certains de ses effets, par exemple en rétablissant le libre arbitre, et en dispensant la grâce prévenante. Le péché originel n’est pas damnant en soi; “nul ne périra éternellement par suite du seul péché originel”. La faiblesse du méthodisme, c’est d’avoir cru que saint Augustin a exagéré. Cette position qui est proche d’un semi-pélagianisme modéré a suscité beaucoup de critiques à son encontre. La position calviniste, par son intransigeance, met en lumière l’absolue sainteté de Dieu, à laquelle tout homme doit impérativement se conformer, sous peine de mort.
 
Pour Wesley, le péché est une transgression actuelle et volontaire de la loi, de la loi révélée et écrite de Dieu, de tout commandement de Dieu reconnu comme tel au moment où il est transgressé. Wesley relie donc la notion de péché actuel à la conscience que possède le croyant, à un moment donné, des exigences de la loi divine. Le péché – ou plutôt l’action – sera qualifié ou non de péché en fonction de la conscience de la loi que le chrétien aura à ce moment précis. Pour Wesley, la notion de péché relève donc de la pure subjectivité. Pourquoi cela? En réalité, Wesley parle peu de péché objectif car, entrer dans cette démarche s’apparenterait, dans son esprit, à une sorte de justification de la nécessité du péché, ce qui reviendrait à se rendre coupable de complicité avec lui. 
 
William Ames, quant à lui, donne cette définition du péché: “La déviation d’un acte humain, ou le fait de se détourner de la loi divine”, plus large et plus englobante. Mais Wesley refuse de nommer péchés les conséquences des infirmités, ou les actes manqués69.
 
De plus, Wesley, en voulant magnifier la puissance de la régénération, semble avoir sous-estimé la gravité de l’indwelling sin (la racine du péché originel). Il reconnaît, nous l’avons vu, que le régénéré lutte encore contre le vieil homme, donc que ce péché subsiste. Dans le sermon sur ce sujet, on voit un Wesley perplexe et hésitant, qui se borne à réfuter la doctrine de la sanctification imputée, du comte Zinzendorf, et conclut en exhortant ses auditeurs à lutter jusqu’à la délivrance, en laissant se profiler à l’horizon l’aube de la victoire totale. Ce faisant, Wesley opère une sorte d’externalisation du péché. Pour des motifs essentiellement pastoraux, sa doctrine a besoin de cerner le péché pour mieux l’isoler, entamant ainsi un processus logique de réduction, jusqu’à sa disparition du domaine des discussions. 
 
En réduisant le péché à une pure contingence, la pensée wesleyenne suscite plus de problèmes qu’elle n’en résout. En effet, si, une fois libéré du péché volontaire, le croyant est encore tenté, cette tentation, d’où provient-elle? Et ainsi de suite.
 
2. La question de la perfection
 
Concernant la perfection, nous avons vu un Wesley prudent, qui se contente d’affirmer que le croyant peut et doit être entièrement sanctifié. Il n’ose pas employer, pour qualifier cette perfection, le terme de sinless (“sans péché”), bien qu’il n’ait rien contre.
 
La nature de la perfection est donc réévaluée à la baisse, non pour des raisons doctrinales mais expérimentales. La loi est adaptée aux capacités de l’homme; la situation est renversée. Wesley définit encore ainsi le péché: “La transgression volontaire d’une loi connue de Dieu”; n’est donc péché que ce qui est connu, et encore, connu au moment de l’action. Wesley fait preuve à cet endroit d’un nominalisme flagrant, en ne tenant pas compte de l’idée de perfection qui réside en Dieu, mais plutôt en ne voyant qu’une multitude de perfections relatives, qui n’en sont en définitive, que le pâle reflet.
 
3. La question de la loi
 
Il y a celle de la loi. Quel est le rôle de la loi dans la vie du croyant? Wesley n’a pas rejeté la loi; au contraire, on reproche parfois aux méthodistes un penchant au légalisme. Mais cette loi est spiritualisée: c’est à la loi d’amour qu’obéit le croyant, celle qui se résume par : “Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force (…) et ton prochain comme toi-même.” (Mc 12:30) “La loi évangélique est-elle, par hasard, moins sévère et sainte que la loi adamique? Le sacrifice de Jésus-Christ n’a-t-il eu pour fruit que l’adoucissement de la loi de Dieu?”
 
Certes, Wesley est conscient du troisième usage de la loi (guide pour la sanctification du chrétien), mais L. Berkhof remarque que les wesleyens ont tendance à ramener à la loi de l’Evangile la loi tout entière, comme s’il y avait là une différence. La loi est le reflet de la sainteté absolue de Dieu. Elle est la norme de la sainteté individuelle; mais Wesley en a-t-il pleinement conscience? Au contraire, toute sa conception de la loi dénote clairement une mentalité néonomianiste.
 
Wesley a combattu sa vie durant le déisme des Lumières, en prêchant le Dieu qui se révèle. Mais sa doctrine de la perfection ressemble étrangement à un humanisme optimiste christianisé; le souci du revivaliste pour la santé spirituelle et la motivation psychologique de ses ouailles l’aurait-il poussé à exagérer l’expérience aux dépens de l’orthodoxie?
 
Wesley, dans la pratique, combattait ardemment le péché; homme de principes, à la logique stricte et rigoureuse, voire étroite, n’a pas voulu céder à un fatalisme résigné, dérivé du calvinisme; il a versé dans l’autre extrême: celui de réduire l’être humain à sa volonté, même régénérée.
 
Cependant, l’entière sanctification est la grande, noble et légitime aspiration de tout véritable chrétien; montée en doctrine, elle s’avère être d’une grande naïveté. 
 
Si la justification est objective, son appropriation, travail de la sanctification, s’effectue de façon subjective, liée qu’elle est à notre compréhension de l’œuvre de Christ pour nous. Si elle est progressive, ce n’est certes pas parce que le Seigneur est lent ou impuissant; c’est qu’elle se réalise à la mesure de notre humanité, qui est limitée. “Ceux qui professent cet optimisme sont bien obligés de reconnaître que, si l’on peut être toujours victorieux, les tendances mauvaises, les tentations subsistent, gravées en quelque sorte en notre chair, héritée avec notre nature même. Surtout, cet optimisme n’est-il pas trop individualiste? Le chrétien, même régénéré, n’est pas isolé, en dehors de la vie, séparé du monde. On ne peut être vraiment saint que dans une société de saints.” Ces mots de Jean-Daniel Benoît viennent mettre une dernière main à la déconstruction de la doctrine de l’entière sanctification.













Et si cela marchait pour Wesley  il  enseignait malgré tout la repentance et la nouvelle naissance c'est pour cela que Dieu agissait malgré tout.
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SOLANGE

Le pain ne nourrit pas. Ce qui en lui nourrit, c’est le Verbe de Dieu, c’est la Vie, c’est l’Esprit. (Angelus Silesius)


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MessagePosté le: Jeu 1 Juin - 12:34 (2017)    Sujet du message: Publicité

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